Sur le chemin du Pamir - N 38°43’15.94 E 73°11’33.47
Récit et photos Jean-Pierre et Nicole Mottais Marseille (13)

Entre Alichur et MurghabSur le haut plateau du Pamir, entre Alichur et Murghab, la route m’emporte. Mes yeux sont ouverts sur un désert d’altitude, sec et aride, dur et sévère. Seuls quelques nomades qui gardent les troupeaux résistent à ce monde hostile sous leur yourte, là où il semble que rien ne puisse vivre. Les montagnes sont belles et anonymes. Personne n’ose troubler leur intimité. Spectacle de couleurs entre le bleu du ciel, l’ocre des montagnes et la terre grise de la vallée… Et quand le moteur s’arrête, le silence pur de la haute montagne m’enveloppe… |
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Les petits PrincesDans le coeur du Pamir, il y a un prince.Je le sais, je l’ai rencontré. Si ta route te mène entre Murghab et Alichur, c’est sûr, tu le verras, si tu prends le temps de regarder. Dans le coeur du Pamir, il y a un prince. Je me suis arrêté, il est venu à mes cotés. Non, il ne m’a pas demandé de lui dessiner un mouton.Des moutons il en a toujours près de lui. Dans le coeur du Pamir, le petit prince garde ses moutons. Ses habits n’ont jamais été neufs, le vent, avant même qu’il les porte, les avaient déjà élimés. De ce vent froid des montagnes il se protège le visage d’une simple toile percée.Le petit prince du Pamir existe, je l’ai rencontré. Alors, si ta route te mène un jour entre Murghab et Alichur, c’est sûr, il viendra s’asseoir à tes côtés. Il ne dira rien, il ne te donnera rien mais quand tu repartiras, il aura déjà envahi ton esprit. Dans le coeur du Pamir, sans nul doute, les petits bergers sont tous des princes. |
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MurghabC’est la grande ville de la région. Il doit y avoir 2 ou 3000 habitants peut-être… J’ai quitté Murghab, maintenant les montages environnantes se resserrent. Point le plus Est de ce périple : 074 02’56,0’’ et commence l’ascension du col d’Ak Baïtal et ses 4 665 mètres. |
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Lundi 30 Juillet Kirghistan. Osh
Osh. Le bazar, c’est une ville dans la ville où s’organise de fruits et légumes, bouchers, vendeurs aux jolis pains forgerons qui chauffent l’acier des lames et cisèlent couteaux, poignards et sabres pour l’apparat… Et au milieu de ce grand souk près de la rivière, de petits restaurants où l’on peut manger au calme une chorba,boire une tasse de thé et laisser courir ses pensées… |
Le temps du retourAprès l’escale à Osh, pour la première fois depuis le départ, il faut se résoudre à tourner le guidon vers l’Ouest. Je ne parierai pas ne pas avoir senti quelques larmes perler à mes yeux, bien discrètement sous mon casque en repensant à toutes ces routes magnifiques empruntées depuis cinq semaines, en repensant à cette traversée du fantastique Pamir. |
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La route de l’Ouest s’ouvre devant moiRendez-vous est pris avec Nicole pour se retrouver le 9 août à Samsun, sur la côte nord de Turquie. Alors j’enchaîne les passages de frontières : Ouzbekistan, Tadjikistan, Ouzbzkistan de nouveau, Turkménistan… Les contrôles douaniers deviennent presque une routine. J’avale le désert du Karakum en deux étapes. En cette période de plein été, le thermomètre monte à 48°C. Je carbure au Coca Cola local, que j’engloutis par litres entiers pour éviter la déshydratation. Les kilomètres défilent. À certains moments, je ne sais plus si c’est moi qui conduit la moto ou si c’est elle qui me mène. Osmose peut-être ? En attendant le ferry de la Caspienne, je croise des jeunes qui font le rallye Mongol. Ils sont partis de Londres et doivent rejoindre Oulan Bator, avec des voitures de moins de 950cc. Certains ont acheté une Austin mini ou une Fiat Panda moins de 500€ sur Ebay et vogue la galère sans assistance, à la débrouille. Cette année, les premiers auront mis 21 jours pour faire le trajet. Vive l’esprit d’aventure ! Azerbaïdjan, Georgie… Je choisis de suivre la route du sud, par les montagnes qui bordent l’Arménie. La route se transforme vite en chemin d’alpage. Elle est pourtant tracée en rouge sur la carte. Mais les paysages sont magnifiques et petit à petit, en se rapprochant de la mer noire, les plantations de thé apparaissent. Retour en Turquie avec un petit soulagement. En effet, ce pays apparaît sur ma carte verte. Je suis donc de nouveau couvert par l’assurance, ce qui n’était pas le cas pour les autre pays d’Asie. |
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Et je retrouve Nicole comme prévu pour terminer ensemble le périple. Nous arrivons à Saint Nazaire le 24 août.15203 km au compteur, 56 jours de voyage. Je suis fier de la Tiger qui a été impériale et irréprochable dans toutes les conditions, même les plus difficiles.Elle était réellement bien adaptée pour ce voyage. Pour 6000€, c’est un investissement bien rentabilisé. |
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Ce récit que j’ai condensé pour vous, avait pour but de vous faire partager les émotions de notre couple et de leur vaillante Triumph, à la rencontre de pays et de peuples très éloignés de nous, avec un passé et une Histoire qui ne les a guère épargnés. D’ailleurs notre rouleur a dû adapter ses prévisions à la réalité, l’actualité l’obligeant à changer ses plans. Jean-Pierre vous a fait rêver ? Vous désirez rouler sur ses traces ? Il tient à votre disposition tous les sites Internet et la bibliographie nécessaires à votre préparation car ce n’est pas un périple que l’on improvise, tout doit être préparé au cordeau. Coco En savoir plus Jean-Pierre Mottais : |
C’est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, qui donne ainsi l’envie de tout planter là.
Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu’on y croise, aux idées qui vous y attendent…
Nicolas Bouvier.
L’usage du monde.





















